À 95 ans, Warren Buffett a décidé de passer le relais.
Pas vraiment de raccrochage spectaculaire. Plutôt une transition calme. À son image.
Surnommé l’oracle d’Omaha, Warren Buffett est né le 30 août 1930, aux États-Unis. Très tôt, il montre un sens aigu des affaires. La légende raconte qu’à 6 ans, il revendait déjà des bouteilles de Coca-Cola. Le début d’une longue histoire.
À l’âge adulte, il investit dans des entreprises solides, souvent ignorées par le marché, parfois qualifiées de « poussiéreuses », mais dont la valeur réelle dépasse largement le prix affiché.
Pas de paris démesurés. Pas de coups de poker.
Juste du bon sens, de la discipline, et une confiance presque sereine dans le long terme.
Cette approche porte un nom : l’investissement value, théorisé quelques décennies plus tôt par son mentor et professeur, Benjamin Graham.
En 1956, Buffett fonde Buffett Partnership Ltd. Puis, au fil des années, sa société d’investissement prend le contrôle d’une entreprise textile nommée Berkshire Hathaway. Elle deviendra la holding que l’on connaît aujourd’hui. En 1970, Buffett en devient président et actionnaire majoritaire. En 1978, Charlie Munger rejoint l’aventure comme vice-président. Leur duo marquera durablement l’histoire de l’investissement.
À la tête de Berkshire Hathaway, Buffett dirige un immense conglomérat (assurances, énergie, industrie…), avec des participations emblématiques comme Apple ou Coca-Cola. Son principe est simple : investir massivement dans des entreprises qu’il comprend, disposant d’un avantage durable, parfois proche du monopole.
Buffett investit comme s’il achetait une entreprise pour la garder toute sa vie.
Il recherche :
- des entreprises simples à comprendre
- solides, avec des bénéfices réguliers
- dirigées par des managers compétents et intègres
- achetées à un prix juste
Et surtout, il s’appuie sur son allié le plus fidèle : le temps.
Il laisse ses investissements mûrir pendant des années, parfois des décennies.
Ses règles sont devenues célèbres :
Règle n°1 : ne jamais perdre d’argent.
Règle n°2 : ne jamais oublier la règle n°1.
Parmi ses autres principes clés :
- ignorer le bruit des marchés et les modes
- la patience vaut plus que l’intelligence
- mieux vaut une excellente entreprise à bon prix qu’une entreprise moyenne à prix cassé
Au fil des années, il devient l’une des personnes les plus riches du monde, tout en conservant un mode de vie étonnamment simple. Il vit d’ailleurs toujours dans la même maison achetée dans les années 1950.
Ainsi, l’homme le plus patient d’Omaha est devenu une légende.
Non par chance ou par magie, mais grâce au temps, à la constance et à l’art d’attendre.
Depuis le 1er janvier 2026, Warren Buffett n’est plus le PDG de Berkshire Hathaway. Il a transmis la direction à Greg Abel, son successeur désigné de longue date.
Il reste toutefois président du conseil d’administration et continue, avec discrétion, de partager sa sagesse.
Fidèle à lui-même, il n’a pas quitté la scène avec fracas.
Pas de discours grandiloquent. Pas de rupture brutale.
Juste une passation réfléchie, préparée, presque silencieuse.
Une immense page se tourne.
Et pour beaucoup d’investisseurs, c’est la première fois que les marchés continuent sans Warren Buffett aux commandes.
Il va falloir s’y habituer.